Déjà en place dans plusieurs championnats étrangers, l’actionnariat populaire suscite petit à petit l’intérêt de la Ligue 1. Entre déclarations des dirigeants et mouvement de supporters, petit tour d’horizon des clubs français qui planchent sur le sujet.

Actionnariat populaire : définition

Le principe de l’actionnariat populaire consiste à mettre en place une association représentant les groupes de supporters de manière à leur donner la possibilité de prendre part à la gouvernance. La notion de prise de participation aux décisions est fondamentale mais peut prendre diverses formes :

  • Les « Socios » espagnols, pionniers de l’actionnariat populaire, élisent le président de leur club pour un mandat allant de 2,5 ans à 5 ans. Ils bénéficient donc d’un pouvoir purement électoral et n’ont pas de prise de décision directe.
  • Les supporters anglais et allemands, s’ils n’ont pas de pouvoir d’électoral, sont directement consultés lors des prises de décision tant sur le plan sportif que financier.

L’objectif de l’actionnariat populaire n’est pas le retour sur investissement mais la défense de l’identité et des valeurs du club.

Un intérêt grandissant en Ligue 1

terrain

C’est bien cette vision de préservation des valeurs que défend l’association A la Nantaise, créée en 2010 et présidée par Florian Le Teuff. Réunissant déjà 2000 membres 5 ans après sa création, cette association s’était constituée suite à la seconde descente des Canaris en 2ème division. Cette contre-performance sportive étant associée pour de nombreux supporters au changement de cap initiée par les différentes directions s’étant succédées au club depuis 2001.

Soutenue par des figures emblématiques du club comme Jean-Claude Suaudeau, le projet est également soutenu par de nombreux élus locaux comme Jean-Marc Ayrault (maire de Nantes pendant plus de 20 ans) ou Patrick Gaudin (directeur du cabinet du Conseil Général de Loire-Atlantique). L’actionnariat populaire semble faire des émules au sein du football français notamment par la voix du président de l’En Avant Guingamp, Bertrand Desplat, qui envisage très sérieusement cette possibilité.

La cotisation minimum permettant d’adhérer à l’association A La Nantaise est de 100 euros minimum. Le président cherche à rassembler une somme suffisante permettant d’entrer dans le capital au moment du rachat du FC Nantes. Il n’est bien entendu pas question de racheter le club, mais d’acquérir à terme deux voies au conseil d’administration de façon à peser sur les décisions et à accompagner le futur dirigeant dans l’esprit premier du club, esprit qui a été dénaturé par l’actuel propriétaire.

 

Un combat loin d’être gagné pour les supporters

Si la progression de l’intérêt pour ce système participatif est indéniable, les mouvements de supporters se heurtent à l’opposition ferme de la Fédération Française de Football, de la Ligue de Football Professionnelle et de l’Union des Clubs Professionnels de Football sur ce sujet. En témoigne l’absence de Noël Le Graët et Frédéric Thiriez le 12 février dernier lors de la tenue des deuxièmes Assises du supportérisme au Sénat.
Cet événement, organisé par le Conseil national des supporters français (CNSF), visait à élaborer une proposition de loi sur la représentation des supporters dans les instances du football. Et qui avait débouché sur un cinglant communiqué groupé de la FFF, de la LFP et de l’UCPF : « Si nous sommes bien entendu disposés à engager des discussions sur le thème du « supportérisme », il serait prématuré de privilégier une organisation donnée ».

Affaire à suivre.

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