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Le crédit Suisse : « Bad Bank » de la fraude fiscale

crédit suisse aide ses clients à frauder fiscalement

Le crédit suisse vient de reconnaitre publiquement avoir aidé ses riches clients à mentir au fisc américain. L’image qu’on avait des banques, autrefois considérées comme des institutions fiables, sérieuses et de confiance, se dégrade à chaque nouveau scandale.

 
Le cas Crédit Suisse 
 

Quand une banque plaide coupable, on s’en souvient ! C’est la première fois qu’une institution bancaire reconnait sa culpabilité devant la justice américaine, et ce depuis plus de deux décennies. Crédit Suisse a reconnu avoir activement aidé ses clients à mentir aux services fiscaux américains. Depuis 2006, la banque cachait des avoirs et des revenus de plus de 22 000 clients américains dans des comptes en banques illégaux et non déclarés pour un montant total de 10 à 12 milliards de dollars. Un beau manque à gagner pour les services fiscaux et l’Etat.

La banque écope d’une amende au montant historique, 2,5 milliards de dollars, qui seront répartis entre les services fiscaux américains, la réserve Fédérale américaine et les services financiers de New York.

 
Après les Suisses, les Français
 

BNP Paribas, aussi inculpée par les autorités américaines pour blanchiment d’argent et violations de sanctions américaines (embargos) contre certains pays comme Cuba, l’Iran ou le Soudan, devrait aussi plaider coupable. Ces révélations devraient l’amener à payer une amende allant de 3,5 à 4 milliards de dollars loin devant le Crédit Suisse.

Et ce n’est pas tout, en 2012, il avait déjà été révélé qu’ING et Standard Chartered manipulaient plusieurs milliards de dollars dans ces pays sous embargo. Elles avaient payé des amendes de 619 et 667 millions de dollars. Finalement, BNP Paribas ne fait que leur emboîter le pas !

 
L’argent n’achète pas tout
 

Le montant de l’amende ne semble pas poser de problème à Jean-Laurent Bonnafé, le PDG de BNP Paribas. 3 milliards d’euros c’est la moitié des bénéfices d’une année pour ce mastodonte bancaire français. Au premier trimestre 2014 le groupe a déjà réalisé un résultat de 1,7 milliards d’euros. Il n’y a donc pas de quoi l’inquiéter.

Mais qu’en est-il de la confiance qu’avaient les clients de Crédit Suisse et de BNP en leur banque ? Quelle image cela renvoie de leur sérieux et de leur crédibilité ? Plaider coupable et payer des montants astronomiques ne peut racheter une confiance.

 

Apprendre que sa banque aidait volontairement des clients américains à préparer des déclarations fiscales tronquées ou blanchissait de l’argent ne peut qu’ébranler la confiance qu’ont les petits clients des banques. Alors que le client lambda subit des agios s’il a des découverts, des frais s’il a des retards de paiement et doit se battre pour obtenir un crédit, d’autres bénéficient de la complaisance de leur banque pour faire de l’évasion fiscale.

 

Alors que tout citoyen doit payer des impôts sur l’ensemble de ses revenus, les plus riches parviennent à s’extraire de cette contrainte avec l’aide d’une institution bancaire, normalement garante de la stabilité du système et soumises à des règles strictes. Là encore, mieux vaut être riche.

 

Cette affaire va bien au-delà du préjudice financier, c’est une trahison de la relation de confiance entre le client et sa banque. Si même les banques se mettent à faire de la fraude fiscale, on est en droit de se demander jusqu’où elles iront. On peut douter que ces amendes, qui représentent une goutte d’eau dans les montant qu’elles traitent tous les jours, leur fasse changer de comportement…

 

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