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Crowdfunding : les « banquiers de demain » invités à Bercy par Fleur Pellerin lundi 30.

Fleur Pellerin

Le 30 septembre dernier se tenaient les Assises Nationales de la Finance Participative. A cette occasion, Fleur Pellerin (ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et l’Economie Numérique) a dévoilé une série de mesures afin de définir le cadre légal encadrant la finance participative en France.

Plusieurs acteurs du secteur ont été conviés : Anaxago, My Major Company, Ulule, Spear, Babyloan… et Prêt d’Union, bien sûr ! Tous les grands médias ont fait de nombreux reportages sur le sujet dans la foulée, mais nous voulions partager avec nos lecteurs quelques remarques « vu de l’intérieur » et décrypter cet évènement.

 

Un sujet « hype »

Le premier point marquant a été l’affluence et la qualité des intervenants ! Près de 1 000 personnes ont été invitées par l’Association Finance Participative France organisatrice de l’évènement, une petite cinquantaine de journalistes étaient présents. Plusieurs intervenants étrangers (dont un adjoint de Michel Barnier, Commissaire européen aux marchés intérieurs et aux services à Bruxelles), politiques ou leaders d’opinion (Jean-Hervé Lorenzi du Cercle des économistes) ont participé aux tables rondes. Enfin, nous avons été frappé par le nombre de plateformes de finance participative : une cinquantaine environ déjà créées étaient présentes, ainsi que de nombreux entrepreneurs réfléchissant à des projets de désintermédiation bancaire.

Toute la communauté du crowdfunding était ainsi représentée, avec des acteurs de chaque modèle : crédit entre particuliers, micro-crédit et dons, financement en capital et en prêt des petites entreprises, financement de projets artistiques et culturels. Avec une nouvelle approche de la banque, défendue par tous : des crédits moins chers, une commercialisation responsable des prêts, et une épargne dont on comprend l’utilisation !

 

Un pas législatif en avant

Nous avons aussi été favorablement surpris par la vraie volonté politique d’accompagnement du secteur. Elle s’est traduite par l’intervention de Fleur Pellerin (à deux reprises, en début et en fin de journée !), mais aussi la présence de plusieurs membres des autorités de régulation (Autorité de Contrôle Prudentiel, Autorité des Marchés Financiers).

Les propositions avancées par le gouvernement, et qui sont en « consultation » auprès de l’ensemble des parties prenantes jusqu’à mi-novembre, constituent par ailleurs des avancées notables pour le développement du secteur :

– création d’un statut de Conseiller en investissement participatif

– revue à la hausse des seuils pour les offres de titres financiers proposés par des entreprises

– etc.

On sent bien que la plupart de ces mesures ont vocation à développer plus spécifiquement le financement des petites et moyennes entreprises (sous forme de crédit ou de fonds propres), et c’est là une excellente nouvelle. Les banques et établissements de crédit classiques se sont en effet fortement désengagés de ce marché-là, alors qu’ils sont le « poumon » de l’économie et de l’emploi du pays.

Ce fut donc une journée riche et encourageante pour le développement du secteur.

 

Mais il faut aller plus loin

Nos seuls regrets ? D’abord que le gouvernement n’ait pas repris notre proposition de voir la Banque Publique d’Investissement placer une partie de sa trésorerie (50 à 100 millions) sur les plateformes de crédits entre particuliers, comme cela a été fait au Royaume-Uni.

Ensuite, il aurait été particulièrement enthousiasmant que les fondateurs des grandes plateformes mondiales de crowdfunding (Zopa en Angleterre, Lending Club aux Etats-Unis par exemple) aient pu intervenir, ne serait-ce qu’en viso-conférence.

Malgré des volumes de production intéressants (Prêt d’Union a par exemple déjà financé pour plus de 40 millions d’euros de projets depuis son lancement en novembre 2011), le financement participatif en France n’en est qu’à ses balbutiements (Lending Club aux Etats-Unis a par exemple financé pour plus de 200 millions de dollars de projets le mois dernier !).

L’encadrement légal doit donner à ces plateformes toute latitude pour se développer sans contrainte et dans le respect des investisseurs et des emprunteurs !

 

En savoir plus


– Premier baromètre du crowdfunding en France


– Tribune libre de Prêt d’Union sur le financement participatif


– Crowdfunding, une solution pour les villes fauchées ?

 

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