Directive « secret des affaires » : on ne se foutrait pas un petit peu de nous ?

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Pendant que les politiques font semblant d’être scandalisés par les révélations des Panama Papers, ils succombent aux sirènes des lobbies et ont voté sereinement une loi qui rend le système encore plus opaque….

Qu’est-ce que c’est que cette directive ?

Sur le papier, cette directive a tout pour plaire : défendre le secret des affaires pour protéger les entreprises contre l’espionnage industriel. Constance Le Grip, l’eurodéputée française qui porte le projet était même venue nous expliquer que ce projet avait été créé et pensé spécialement pour les PME, avant de se raviser : les PME ne sont pas les premières concernées par les problèmes d’espionnage industriel.

Où est l’entourloupe ?

L’entourloupe est assez grossière. Le texte ne fait pas la différence entre les espions ou les personnes malveillantes et les lanceurs d’alertes (comme ceux à l’origine des Panama Papers ou du LuxLeaks) ou les journalistes, qui agissent dans l’intérêt public. Ils risquent donc la même chose, et sont considérés aux yeux de la loi comme des criminels de même importance. Il semblerait que les parlementaires aient cédé aux demandes insistantes des lobbies, et spécialement des lobbies bancaires, les plus concernés par ce sujet. Cette façon de faire rend donc le système encore plus opaque qu’il ne l’était, garantissant aux entreprises l’impunité d’agir comme elles le veulent, même lorsque ce qu’elles font est contraire à la loi… Démocratie vous avez dit ?

La résistance s’organise

Oui, démocratie. Alors que les parlementaires pensaient certainement que cette directive passerait sans faire de vagues et que la majorité des citoyens ignoreraient même jusqu’à son existence, des voix commencent à s’élever un peu partout. Une pétition d’Elise Lucet a recueilli plus de 150 000 signataires. Une vidéo de Nicole Ferroni sur le sujet a été vu plus de 2 millions de fois. Et la liste des députés français ayant voté cette loi circule même sur Internet.

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Alors si votre député figure dedans, n’hésitez pas à aller lui demander des explications la prochaine fois que vous le croiserez au marché !

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